L'Architecture invisible

  © Julie Masson pour EQ2, En quête, Derborence, 2017, de la série L'Architecture Invisible, 2017-2018.   Les sources et les nappes d'eau de surface se font de plus en plus rares, ce qui peut faire défaut à l'alimentation des alpages. Leur débit est instable et peut pour certains points d'eau disparaître en cours de saison. Le sourcier intervient pour la détection de veines d'eau plus profondes.

© Julie Masson pour EQ2, En quête, Derborence, 2017, de la série L'Architecture Invisible, 2017-2018.

Les sources et les nappes d'eau de surface se font de plus en plus rares, ce qui peut faire défaut à l'alimentation des alpages. Leur débit est instable et peut pour certains points d'eau disparaître en cours de saison. Le sourcier intervient pour la détection de veines d'eau plus profondes.

 

L’ARCHITECTURE INVISIBLE

Partie à la découverte de l'invisible, je vous rapporte des images qui invitent à vagabonder entre mythe et réalité à la vue d'une terre discrètement magique. Un voyage qui prend racine en surface, à la lumière du jour pour nous faire avancer dans les profondeurs jusqu'au coeur d'un espace plus sombre mais pour autant bienveillant. Le sourcier géobiologue sait que l'eau est un élément réceptacle d'une connaissance inouïe. Il reconnait et travaille spécifiquement sur les ondes provenant de l'intérieur de la terre, dites telluriques. Damien Jérôme Evéquoz, fondateur de l'école Suisse de sourcellerie et géobiologie basée à Conthey a accepté avec plaisir je que l'accompagne en dehors des sentiers battus jusqu'au terme de cette année.

«  Lorsque vous voulez connaitre le sens du courant, imaginez être une petite algue qui est bien ancrée au sol, sentez autour de vous l'eau qui s'écoule, sentez vous aller dans le courant ». D.J. Evéquoz

Trouver l'eau constitue l'aventure. Non seulement je découvre le territoire Valaisan d'un point de vue différent, j'apprends à regarder et je sillonne, mais surtout je m'exerce à observer ce qu'il se passe en moi. Exigeant, l'art de trouver de l'eau c'est surtout apprendre à écouter ses sens. La recherche du contact avec cet élément de vie demande de mettre le mental et le ''vouloir trouver'' de côté pour se connecter au corps.

Tout cours d'eau souterrain circulant et s'infiltrant dans la roche crée une friction, qui génère un courant électrique de faible intensité du même ordre que celui qui anime nos cellules. Le corps, équipé de 36'000 récepteurs sensoriels est parfaitement outillé pour réagir à ces variations. En surface, ces fréquences parfois instables peuvent perturber l'équilibre, influer notre santé ou notre sommeil. Tous les peuples de l'antiquité savaient comment tirer profit des énergies telluriques. Par exemple par la pose précise d'une masse ( condensateur ) qui stabilisera le rayonnement magnétique créé par les courants d'eau souterrains et failles géologiques. A Sion ou plus haut au col du Tsaté, de magnifiques pierres dressées ou menhirs aménagés par la nature nous lèguent de précieuses clés pour une lecture de ce qui est encore ignoré par la plupart d'entre nous.

Le geste photographique est plutôt spontané, je m'imprègne des différentes ambiances, durant les cours, lors de détection de points d'eau ou visites de lieux spécifiques. Je me laisse inspirer par le moment ; comme la pratique du sourcier, la photographie argentique appelle à prendre son temps, elle sollicite la confiance puis conseille la patience. Mes images suggèrent l'expérience et l'écoute sensible de la terre comme de nos corps. Tous deux ont encore bien des secrets à nous livrer pour autant que nous décidions d'y porter attention.

Julie Masson